Les espérances planétariennes

Mapuches contre Benetton

« Ils luttent depuis cinq ans pour 535 hectares sur les 965 000 détenus par le groupe Benetton au sud, qui, selon eux, ont appartenu à leurs ancêtres. Ils ont été expulsés en 2002 et maintenant ils sont revenus. Ils vivent sous des tentes et un juge leur interdit jusqu’à faire du feu. Le quotidien argentin Página/12 a passé neuf jours avec les membres de la communauté, qui racontent comment ils pensent résister.

La journée démarre avec les « jey-jey-jey-jey  » de reconnaissance lancés les bras vers les montagnes de l’est, où le soleil commence à poindre. Ils accomplissent la cérémonie face au pillán kutral, « le cœur de la communauté », comme ses membres le définissent. « Feu sacré » serait une traduction approximative. A Santa Rosa Leleque, le pillán kutral est allumé depuis le 14 février dernier, quand trente hommes, femmes et enfants ont franchi la clôture pour déclarer leurs 535 hectares « territoire mapuche récupéré ». Le feu, qui abrite des forces des ancêtres, vit dans un cercle de pierre sur deux mois de cendre. On lui doit un respect absolu : il est interdit d’y jeter des mégots de cigarette, des sachets de thé ou des déchets. Il n’apporte que la lumière et la chaleur. Pour cuisiner et brûler, il y a le foyer normal, délimité par un mur de briques. Cet élément fondamental de la religion mapuche n’échappe pas au conflit entre la communauté et la Compagnie des Terres du Sud Argentin, le visage du groupe Benetton pour maintenir clôturés 965 000 hectares du pays. La semaine dernière, la justice a interdit à la communauté de faire du feu tant que le conflit légal n’est pas résolu. Mais pour que personne n’accuse les institutions d’être impitoyables, on n’autorise le feu que si le bois est apporté de l’extérieur. Les mapuches pensent que la mesure « est cruelle. Ils la dictent juste quand l’hiver arrive. » Lire la suite

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juillet 2, 2007 Posted by | 1-Anti-racisme et droit des peuples, Argentine | Laisser un commentaire

Brésil : la barricade des Enawene Nawe a porté ses fruits

Le gouvernement brésilien a répondu favorablement aux principales revendications des Enawene Nawe qui avaient bloqué une route principale pour manifester leur opposition à un projet de barrages. La Funai, le département brésilien des affaires indiennes, inspectera les terres revendiquées par les Enawene Nawe et d’autres groupes dans le but de les reconnaître officiellement comme territoires indigènes.

En mai dernier, les Enawene Nawe, un groupe isolé d’Indiens amazoniens de l’Etat du Mato Grosso, avaient érigé pendant trois jours des barricades pour protester contre le projet de construction d’une série de barrages hydroélectriques sur le fleuve Juruena. Ils revendiquaient également la reconnaissance officielle des zones de pêche essentielles à leur survie dans la région du Rio Preto, qui subit actuellement une intense déforestation pour faire place à l’élevage. Lire la suite

juillet 2, 2007 Posted by | 1-Anti-racisme et droit des peuples, Brésil | Laisser un commentaire

Manifeste de solidarité avec les anarchistes et les mouvements sociaux au Venezuela

« Au premier trimestre 2007, 23 manifestations populaires furent réprimées par le gouvernement vénézuélien et 99 activistes furent détenus. Ce fait évoque le malaise grandissant ainsi que la criminalisation des revendications sociales dans ce pays latino américain.

Au premier trimestre 2007, 23 manifestations populaires furent réprimées par le gouvernement vénézuelien et 99 activistes furent détenus. Ce fait évoque le malaise grandissant ainsi que la criminalisation des revendications sociales dans ce pays latinoaméricain, réalité recouverte par la propagande et la mystification d’un régime qui se valorise comme l’avant garde du « socialisme du XXI siècle », avec l’appui de différents groupements et personnages liés à la gauche autoritaire du monde entier.

 

Malgré tout, ceux qui s’intéressent à la situation réelle des opprimés et des exploités au Venezuela connaissent les inconséquences et les contradictions du gouvernement populiste emmené par le militaire Hugo Chavez. Loin d’avancer structurellement vers la réduction des inégalités et le déroulement des possibilités de développement social, le gouvernement régnant à Caracas continue à maintenir une des distributions des richesses les plus injustes du Continent, approfondissant de surcroît le rôle assigné au pays par la globalisation économique comme fournisseur d’énergie au marché mondial, avec les corporations transnationales du pétrole comme associées choyées et bénéficiaires principales de l’action de l’Etat vénézuélien. Après huit années et demi d’un gouvernement comptant sur les plus hauts cours du pétrole, avec une rentrée fiscale la plus élevée de l’histoire nationale, les résultats sociaux des politiques du chavisme sont médiocres, l’apparition d’une nouvelle bourgeoisie parasitaire des faveurs de l’Etat, la « bourgeoisie bolivarienne », en étant l’aspect le plus remarquable. Lire la suite

juillet 2, 2007 Posted by | Venezuela | Laisser un commentaire