Les espérances planétariennes

« On veut juste un salaire digne de ce nom ! »

Grève . Dans une filiale de Danone, les salariés payés au SMIC luttent pour leurs salaires. La direction leur dit d’attendre la défiscalisation des heures sup afin de gagner plus en se tuant à la tâche.

Il s’excuse presque. « Je ne suis qu’un modeste ouvrier, vous savez. Je ne connais pas toute l’histoire. » Avenue de Versailles, près du pont Mirabeau, mais très rupin, en plein 16e arrondissement de Paris, au coeur du triangle de la petite cuillère en or, Auteuil-Neuilly-Passy, il y a un drôle de lieu : cette ex-usine de pompage, qui date de la fin du XIXe siècle, avec aujourd’hui, d’un côté, le Pavillon de l’eau, bel écrin d’architecture industrielle réhabilité et à peine inauguré, et de l’autre, le site, plus délabré, d’embonbonnement de l’eau de Chateaud’eau, une filiale de Danone, qui emploie au total 500 personnes en France. Ici, à l’usine dite « de Passy », les ouvriers sont moins d’une dizaine. Autant dire qu’ils ne sont rien, ou si peu, une poignée tout juste, à scruter au microscope dans le train fou de l’actualité. Lancés dans une grève, improbable au premier coup d’oeil, avec les faibles moyens du bord, le 31 mai dernier, les sept salariés en CDI réclament une augmentation de leur salaire de base et combattent la perspective vantée par leur direction de ne gagner plus qu’à la condition de faire des heures sup, une fois que la défiscalisation promise par le gouvernement Fillon sera entrée en vigueur. Lire la suite

juin 16, 2007 Posted by | 4-Leur société, France | Laisser un commentaire

Sarkozy, l’homme des trusts

À présent que le Parti de la presse et de l’argent a installé son avocat d’affaires à la présidence, toute critique du pouvoir passe par la critique des médias.

« Sarkozy tient-il les médias ? » Que L’Express, hebdomadaire des cadres libéraux, titre ainsi son édition du 31 mai laisse deviner que la question élude l’essentiel. Car, au fait, qui tient Sarkozy ? Quelles forces sociales ont délégué leur commis à l’Élysée ? Ce problème n’intéresse ni le Parti « socialiste » ni les « intellectuels de gauche ». Comme si le pouvoir se réduisait au pantin qui en revêt l’habit, la psychologie du nouvel élu, ses manières, ses colères, l’omnipotence qu’on lui prête aiguillonnent les dispositions héroïques des Jean Moulin de boudoirs. Ils débitent leur prêt-à-brailler sur la « liberté de la presse » depuis le recrutement des journalistes Georges-Marc Benamou (Nice matin), Myriam Lévy (Le Figaro) et Catherine Pégard (Le Point) au poste de lèche-gouvernants. Las ! Ces trois-là n’ont fait qu’officialiser leur fonction. Lire la suite

juin 16, 2007 Posted by | 4-Leur société, France | Laisser un commentaire