Les espérances planétariennes

TVA sociale : Encore un bricolage pour relancer l’économie ?


Avant même que la commission ad hoc ne soit réunie, la taxe miracle a changé de nom : Fabius l’ayant rebaptisée « TVA anti-sociale », on ne devait plus parler de TVA sociale, mais de TVA « anti délocalisation ».
Après le suicide d’un des derniers chefs d’entreprises tentant, envers et contre tout, de produire un bien manufacturé en France, c’est certainement plus porteur. Le hic, c’est que ça démontre que l’équipe au pouvoir n’a même pas conscience de la situation : Il ne faut pas trouver une solution « anti-délocalisation » mais un dispositif réellement efficace de RELOCALISATION.

 

Car il est bien tard : Pierre Jalatte était le dernier fabricant français de chaussures de sécurité. 95% des jouets vendus en France sont fabriqués en Asie, 100% de nos ordinateurs et presque autant de notre électroménager. Sans parler du textile, des machines-outils, etc. Vous avez dit anti-délocalisation ? Mais que retenir, si tout est déjà parti ?

 

On peut toujours ajouter 5% de TVA sur les produits importés : cela ne fera ni chaud ni froid aux importateurs de produits chinois qui sont maintenant en situation de monopole. La hausse pourra être répercutée mécaniquement sur le consommateur. Et comme la France ne produit plus ces produits, cela n’aura aucune incidence sur le volume d’importation.

 

Quant aux rares produits que nous produirions encore, il faudrait que l’avantage fiscal soit suffisamment significatif pour avoir quelque impact. Or si on considère que le coût de la main d’oeuvre chinoise est de 70 à 120 € par mois alors que le coût de la main d’oeuvre française est de 23 € de l’heure, il n’est pas utile de faire le moindre calcul pour comprendre que les 5% de TVA ne serait qu’une goutte d’eau dans l’océan. Il y a dix ans, nous pouvions encore croire que nous garderions les emplois hyper qualifiés et que seules les activités manuelles seraient délocalisées. Mais nous savons aujourd’hui que les emplois d’ingénieurs et de services partent encore plus facilement vers l’Asie que les industries, au point que Félix Rohatyn, ancien ambassadeur des US en France, prévenait dès 2003 que « le bas coût de sa main d’œuvre n’est pas son atout principal (de la Chine) » (voir TSCM). Comment rivaliser avec la Chine et l’Inde qui forme 3 millions de cadres par an ?

 

Reste qu’il faudra aussi compter sur la citoyenneté des entreprises pour ne pas répercuter les 5% sur les prix de vente en utilisant la baisse des charges sociales pour reconstituer leurs marges. Mais il faudra une bonne dose de mauvaise foi pour faire semblant d’y croire : La présidente du MEDEF annonce clairement la couleur : « la TVA sociale ne peut avoir d’intérêt que si elle permet de transférer vers la TVA une partie des charges des entreprises, notamment les cotisations familiales. La clé du succès, c’est de permettre à nos entreprises de devenir plus performantes. Or, depuis 2000, leur taux de marge a baissé d’un point, tandis que celui des entreprises allemandes augmentait jusqu’à dépasser le nôtre de près de 7 points ! » (Interview au Figaro)

 

Donc, pour Laurence Parisot, la messe est dite, la TVA sociale ne sert qu’à augmenter les marges des entreprises. La recette est très simple : D’un côté on empoche la baisse des charges, de l’autre, on fait payer aux consommateurs la hausse de la TVA. Il est normal dans ces conditions que le MEDEF applaudisse à la mise en place de la TVA « sociale » ! Reste que si l’organisation patronale avait un tant soi peu conscience de l’intérêt collectif, elle y regarderait à deux fois avant de laisser le gouvernement mettre l’économie en panne en plombant la consommation.

 

Maintenant, si le MEDEF ne défend que les intérêts des entreprises supranationales, peu lui importe le sort de l’économie française…

 

Pourquoi en sommes nous arrivés là ?

 

Pourquoi allons nous prendre des risques insensés avec les fragiles équilibres sociaux et économiques, comme si nous chassions une mouche de notre visage avec un marteau ?

 

Simplement parce que la vraie réponse, la simple et raisonnable réaction qu’ont tous les pays du monde face à une invasion de produits étrangers qui ruinent leurs économies nationales consistent à mettre en place des mesures spécifiques pour ces produits, ça s’appelle des droits de douane, voire des mesures protectionnistes, dont personne ne conteste la légitimité ni le bien-fondé dès lors – comme c’est le cas – que la survie économique d’un pays en dépend.

 

Mais cette saine et simple réaction de survie nous est interdite par l’Union européenne. Voilà pourquoi nous chassons les mouches à coups de marteau, les délocalisations à coups de TVA « sociale ».

 

Mais les coups de marteau sur la tête, ça fait mal. Et comme le peuple français n’est pas masochiste, il finira par en tirer la très saine conclusion : Pour arrêter cette souffrance, il n’y a qu’un remède, un seul :

 

DONNER UN BON COUP DE PIED AU CUL

 

AU GOUVERNEMENT FILLON !

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juin 15, 2007 - Posted by | 4-Leur société, France

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