Les espérances planétariennes

La bulle écolo gonfle dans la Silicon Valley

La Silicon Valley passe au vert. Hier synonyme de high-tech et de technologies de l’information, cette fine langue de terre californienne située au sud de San Francisco associe désormais son nom à la nouvelle fièvre technologique du moment. Celle de la clean tech ou green tech, de la ruée vers un or vert et propre qui connaît une expansion continue depuis trois ans et rappelle par bien des aspects l’engouement des années 90 pour Internet. Une nouvelle économie propre est en train de naître, expliquent ses acteurs ­ souvent les mêmes qui firent fortune avec le Web ­ basée sur les énergies renouvelables (éolienne, solaire, etc.), les biocarburants et de nouveaux matériaux isolants et moins polluants. Post-Internet mais très présente sur le Net, la clean tech carbure à la matière grise et à l’innovation, mais aussi en consommant l’agent des «VC», ces capitaux-risqueurs prêts à tout pour ne pas rater les futures pépites du panneau solaire à rendement démultiplié ou du carburant bon marché à base d’algues. Au total, ces investissements en capital-risque dans les énergies propres ont atteint 3 milliards de dollars en 2006, dont 1,3 milliard pour les seules énergies renouvelables.

Brevets.

Nouveau secteur à part entière, les technologies propres ont déjà leurs indicateurs de tendance comme le Clean Technology Trends, leurs investisseurs et leurs start-up vedettes. Ancien fondateur de la société informatique Sun Microsystems, Vinod Khosla est aujourd’hui le financier le plus en vue de cette sphère. Khosla Ventures, sa société, a investi dans 28 jeunes pousses du secteur et, à défaut de gagner rapidement de l’argent, Khosla espère valoriser des placements parfois très « expérimentaux » grâce aux brevets. Autre symbole, Nanosolar, basée à Palo Alto, au coeur de la Silicon Valley, produit des films photovoltaïques ultraminces pour réaliser des panneaux solaires à bas prix. Parmi ses plus fidèles actionnaires, Larry Page et Sergey Brin ­ les fondateurs de Google. En juin dernier, la société a levé 100 millions de dollars, un record dans la clean-tech, afin de construire « la plus grande usine solaire du monde » d’une capacité totale de 430 mégawatts, l’équivalent d’une centrale nucléaire. Bill Gates pour sa part a choisi Pacific Ethanol, un fabricant de raffineries bio, et le pétrolier BP a signé un chèque de 500 millions de dollars pour créer à l’université de Berkeley un Energy Bioscience Institute dédié au développement des biocarburants.

 

Dangers.

Si l’argent coule à flots, ce n’est pas seulement parce que « Green is Good » et socialement valorisant. Selon les prévisions, la demande devrait exploser dans la prochaine décennie puisque de 55,4 milliards de dollars en 2006, le marché global des énergies propres pourrait quadrupler et représenter 220 milliards de dollars en 2016, d’après le rapport de Clean Technology Trends. D’où les dangers d’emballement puis d’explosion de la «bulle verte» comme on l’appelle déjà en Californie. Attention à la surchauffe.

 

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juin 4, 2007 - Posted by | 4-Leur société, USA

3 commentaires »

  1. Green tech + Noveconosoc* = Nouvelle ère capitaliste

    *(nouvelle economie sociale et solidaire)

    Commentaire par Sonia | juin 7, 2007 | Répondre

  2. Il est clair que le capitalisme a la faculté de tout récupérer, y compris l’écologie, pour en faire du profit !

    Commentaire par Henri | juin 7, 2007 | Répondre

  3. Il paraît clair qu’aujourd’hui, toutes les nécessités deviennent des marchés. Toute l’idéologie du travail se réalise à travers eux. Il n’y a que la réalisation et la pratique de la démocratie directe qui permette de changer les rapports économiques et sociaux.

    UMP: à moi les eurodollars !

    Commentaire par lesesperancesplanetariennes | juin 7, 2007 | Répondre


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