Les espérances planétariennes

Un socialisme autogestionnaire

NO LEADERLes deux révolutions fondatrices des temps modernes sont la Révolution française, qui a institué la société capitaliste libérale et la démocratie parlementaire, et la révolution soviétique inaugurant les sociétés dites « socialistes » et les « démocraties populaires ».
Chacun de ces deux moments a été accompagné d’une autre révolution, celle de la démocratie de base et de la gestion ouvrière et paysanne. Cette face cachée, écrasée alors, occultée depuis, constitue la base fondatrice d’un socialisme anti-autoritaire.
Un socialisme à venir, à reconstruire. Qui naîtrait de deux mouvements combinés : l’un de retour aux racines ouvrières, aux valeurs positives qui peuvent en constituer le fonds culturel et historique, l’autre de prise en compte des données les plus contemporaines, sociologiques, scientifiques, technologiques, culturelles.
Et qui tiendrait compte de l’expérience accumulée.

1. Les leçons des échecs

La capacité à instituer les bases locales d’une nouvelle société n’a pas suffit. Encore aurait-il fallu maîtriser une conception de la réorganisation sociale globale. Les travailleurs n’y sont pas parvenus spontanément, force est de constater qu’un projet solide leur a manqué.

Trois exemples.

1 – La révolution des soviets en 1917.

Si les soviets ont été une création spontanée, déjà dans de nombreuses situations une distinction serait à faire entre les comités d’usine et les conseils de villes. Dans un cas les ouvriers regroupés dans l’entreprise trouvent aisément les formes d’une démocratie directe : ils élisent leur comité et le dirigent directement. L’organisation du pouvoir ouvrier dans la ville pose déjà la question de la coordination, de la centralisation. Des pratiques politiciennes s’introduisent, inspirées de la politique bourgeoise : par exemple, aux côtés des délégués des travailleurs, on a fait siéger, en tant que tels, des délégués des partis.

Avec la tâche de coordination à l’échelle de l’immense territoire en révolution, l’absence d’un projet s’est fait cruellement sentir, l’ « inéducation » politique des masses en matière de conception globale et d’organisation. Certes, les soviets se rassemblèrent en deux congrès successifs se donnant un conseil exécutif. Mais ce n’est pas à ce comité –contrôlée par les soviets – qu’a été dévolu la tâche de coordonner centralement la révolution et le pays, mais à un gouvernement constitué de A à Z par les parti bolchevique, avec au départ uniquement des ministres bolcheviques, et se proposant dans le feu de l’action insurrectionnelle à la place des organes émanant des soviets. Substitutionnisme d’un côté, délégation de pouvoir de l’autre, aux conséquences désastreuses par la suite.

2 – Le mouvement des conseils de conseils italiens en 1919-1920.

Il réalisa une situation de double-pouvoir, les ouvriers s’armant et tentant de relancer la production et les échanges. Mais il trouva sa route barrée par les groupes de la grande industrie et par les hiérarchies syndicales inspirées par la social-démocratie. L’influence des communistes libertaires y fut réelle, mais la réaction disposera bientôt d’une force décidée : les faisceaux (fascisme). Le confinement des travailleurs à l’intérieur des usines et le refus de la lutte armée par les travailleurs soumis à l’influence social-démocrate, alors que le prolétariat était en situation de force, permirent deux ans plus tard, la montée du fascisme au pouvoir.

 

3 – La révolution espagnole de 1936-37.

Là les travailleurs avaient une culture autogestionnaire importante grâce à l’implantation de la puissante centrale anarcho-syndicaliste CNT. L’anti-étatisme, l’anti-centralisme étaient profonds et ce sont d’abord ses militants qui impulsèrent le mouvement révolutionnaire.

Pourtant l’Etat demeura en place, avec des ministres communistes, socialistes, bourgeois, mais aussi anarchistes, et il entrave le développement des collectivités autogestionnaires, impulsées notamment par les militants de la CNT…

Que s’est-il passé ? Au-delà de toutes les considérations tactiques et historiques, on peut constater que la présence forte, cette fois-ci, d’un projet anti-autoritaire, anarcho-syndicaliste en l’espèce, a nourri et aidée le développement à la base de « l’autre société ». Mais il manquait à ce projet – tel qu’il était largement partagé en tous cas – une conception réaliste du pouvoir, qu’il ne s’agissait plus de « maudire » mais de détruire concrètement comme pouvoir bourgeois, en lui opposant une conception du pouvoir des travailleurs. Une conception alternative à l’étatisme, de coordination générale, contrôlée, de la société, qui ne pouvait passer par la simple reprise des structures syndicales de la CNT projetées en tant que telles sur toute l’Espagne.

2. Étatisme, un bilan globalement négatif

On peut dresser un bilan totalement négatif de toutes les expériences révolutionnaires étatistes et centralisatrices.

Partout la concentration du pouvoir aux mains d’une minorité dirigeante a entraîné la formation d’une couche bureaucratique étouffant toutes les libertés, celles des travailleurs et de la population, et jouissant de privilèges matériels et politiques assis sur l’exploitation des travailleurs. Toujours présentées comme « transitoires » ces dictatures révolutionnaires ont finalement cimenté des systèmes bureaucratiques, oppressifs et totalitaires, aux antipodes de « l’autre société », du capitalisme émancipateur espéré par les travailleurs.

Il faut donc tirer un trait sur toutes références dites positives au socialisme centralisateur et étatiste, marxiste-léniniste :

– La centralisation des moyens de production aux mains de l’Etat n’implique pas une rupture avec le régime d’exploitation et de domination des travailleurs, mais au contraire la passage d’un capitalisme éclaté à un capitalisme centralisé, d’Etat.

– La direction de toutes les activités importantes de la société par l’appareil d’Etat assure la toute-puissance et le développement de la bureaucratie.

– En étatisant toutes les activités sociales on donne tout le pouvoir à une classe bureaucratique privilégiée dont toute l’activité est tendue vers la reproduction et la consolidation des ses privilèges. L’étatisme ne peut être présenté comme une période de « transition » entre capitalisme et communisme : il constitue une nouvelle forme d’oppression des travailleurs.

– Aucun parti politique ne peut s’autoproclamer « avant-garde du prolétariat », prétendre représenter la conscience de toute une classe, vouloir penser à sa place, y compris si « nécessaire » en usant de la répression de masse contre ceux des travailleurs qui n’auraient pas bien saisi la juste ligne de parti.

– La stratégie révolutionnaire de prise du pouvoir par un parti – ou une coalition de partis – puis l’exercice de ce pouvoir, séparé des travailleurs, pour diriger d’en haut le processus révolutionnaires, ne peut que déposséder ceux-ci de la maîtrise de la société. Il ne peut que vider de leur contenu les expériences autogestionnaires de base, transformer les militants révolutionnaires en bureaucrates, étouffer toute démocratie par la dynamique de monopolisation des décisions par le centre et, logiquement, d’écrasement, par le parti qui s’estime investi du rôle dirigeant, de tous les partis concurrents et de toutes les contestations.

Le socialisme à venir ne pourra donc qu’être en rupture avec le léninisme, nous l’affirmons non pas par sectarisme mais sur la base d’un bilan, nécessaire après les échecs accumulés, et d’une analyse des sociétés mises en place en son nom.

Ce n’est pourtant pas dans les projets anarchistes du passé, tels quels, que ceux qui cherchent une autre voie trouveront satisfaction.

S’il ont le mérite de refuser toute bureaucratie, et celui de s’inspirer des aspects anti-autoritaires et autogestionnaires de « l’autre société » spontanément exprimée par les travailleurs, ces projets sont caducs, démentis dans leur simplisme et leur idéalisme par les expériences historiques, et dépassés par les évolutions de la société. Peut-on encore préconiser comme alternative immédiate au capitalisme une société « sans pouvoir » (pas même celui collectif, des travailleurs), sans lois, sans centralisation, proposer une société où chacun et chaque collectivité agiraient à sa guise, fonder un projet global, prétendu valable pour tous, entièrement et seulement sur des valeurs éthiques ?

On trouvera certes dans les contributions historiques des syndicalistes révolutionnaires et anarcho-syndicalistes, des conseillistes, des communistes libertaires, des apports autrement plus concrets et toujours plus utiles, mais ici aussi, tout en y puisant, on ne peut se contenter de pages d’archives largement dépassées.

Le socialisme anti-autoritaire contemporain reste à inventer.

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mars 28, 2007 Posted by | Non classé | 2 commentaires

APERÇU DU MOUVEMENT ANARCHISTE MEXICAIN ACTUEL

Un compagnon, qui a pu se rendre récemment au Mexique, nous fait part de ses observations sur la situation du mouvement anarchiste au Mexique.

Le 22 novembre 2006, la Biblioteca Social Reconstruir de Mexico organisait une soirée en hommage à Ricardo Flores MAGON, le révolutionnaire mexicain précurseur de la révolution de 1910 dont on célébrait le 84ème anniversaire de la mort, assassiné dans les geôles américaines. Après une lecture d’œuvres de théâtres de Magon, un jeune compagnon du groupe OIR, très impliqué dans les barricades d’Oaxaca et un compagnon indien de la communauté magoniste de San Fernando nous ont parlé des derniers évènements insurrectionnels dans l’Etat d’Oaxaca. Le public d’une petite centaine de personnes, était représentatif du mouvement anarchiste mexicain actuel : jeune, voire très jeune, essentiellement de la scène anarchopunk.

Un mouvement jeune, en cours de reconstruction

Pour Tobby, un des animateurs de la Biblioteca Reconstruir, c’est à la fois la force et la faiblesse du mouvement mexicain. Il n’y a jamais vraiment eu de mouvement anarchiste organisé au Mexique, si on excepte la période du Parti Libéral Mexicain des frères Magon au début du 20 siècle. Pourtant, l’influence anarchiste, et particulièrement anarchosyndicaliste a toujours été sensible. Les drapeaux des syndicats ne sont ils pas rouges et noirs ? Mais le mouvement ouvrier a plutôt été sous l’influence des sectes marxistes de toutes natures. Aujourd’hui, il existe au Mexique et singulièrement à Mexico une multitude de petits groupes qui se réclament de l’anarchisme, même si la plupart des gens qui participent aux manifestations ou évènements le font à titre individuel. Il s’agit la plupart du temps de jeunes lycéens ou étudiants, qui voient dans l’idée anarchiste une possibilité d’exprimer leur soif de liberté et de justice, dans un pays où règnent la corruption et l’injustice généralisée. Toutefois, avec ses 41 ans, Tobby est un vétéran dans un mouvement où les trentenaires se comptent sur les doigts de deux mains… Bref, tout est à construire.

C’est précisément à cette tâche que se consacrent les compagnons de groupes tels que Hormiga Libertaria. Ces jeunes compagnons sont étudiants l’après midi, et le matin puis le soir ils sont pompistes ou vendeurs de journaux sur le périphérique (les embouteillages à Mexico font qu’ils ne courent aucun risque d’être écrasés…) ou autres petits boulots de misère, sans réel statut. Ils vivent dans le quartier populaire d’Itzapalapa. Tous les dimanches, sur la place à la sortie du métro, ils organisent une bibliothèque ambulante : avec quelques planches de bois dissimulées en haut d’un mur où il faut grimper en passant par un arbre, ils montent une petite étagère. Dessus, on trouve de vieux livres éculés, donnés par quelques compagnons espagnols, vétérans de la révolution de 1936 échoués au Mexique, et aussi les propres productions des compagnons : des textes classiques ou récents sur l’anarchisme, imprimés sur du matériel de fortune et dont la couverture est faite de carton de boîte à chaussure de récupération… Bref, du système D, du DIY (do it yourself) avec des moyens de fortune, bien loin de nos salons du livre anarchiste occidentaux et de la profusion de moyens qui masquent mal le manque d’engagement et de cohérence d’un mouvement « riche » qui s’achète une image de rebelle. Au Mexique, si tu es anarchiste, c’est d’abord avec tes tripes !

Une situation sociale explosive (Guadalajara, Atenco, Oaxaca)

Car les compagnons ne sont pas les derniers à prendre part aux luttes qui secouent le Mexique, et pas seulement dans l’Etat d’Oaxaca. Et ils en payent systématiquement le prix fort (de nombreux compagnons ont été arrêtés lors des derniers mouvements sociaux, à Atenco, à Guadalajara et bien sûr à Oaxaca, et sont toujours maintenus en détention, souvent en dehors de toute légalité et en total arbitraire). Pas seulement du fait de la police fédérale ou des polices locales, aux mains de petits potentats que sont les gouverneurs et les alcades. Mais aussi parce que les groupes de « gauche », les syndicats institutionnels, etc… n’hésitent pas parfois à donner un coup de main aux forces de l’ordre pour attaquer les cortèges anarchistes, comme à Guadalajara cet été. Les campagnes de calomnie contre les anarchistes dans les journaux ne sont pas le seul fait des conservateurs, car même des journaux pourtant considérés comme progressistes – tels La Jornada – peuvent publier des articles attaquant les anarchistes comme étant des êtres violents manipulés par la police. Bref, être anarchiste c’est avant tout être en rupture avec tout un système institutionnel.

Oaxaca : l’autonomie populaire en action

Mais là où cette rupture est la plus sensible, c’est clairement dans l’Etat d’Oaxaca. Cette région, de forte tradition indienne, a maintenu depuis toujours ses formes d’organisations communautaires. Ici, dans chaque village (ou pueblo), la réalité du pouvoir est exercée non pas par le maire élu ou l’Etat fédéral, mais par une assemblée qui regroupe l’ensemble des habitants et où les décisions sont prises collectivement. Une véritable structure parallèle avec ses propres systèmes de gestion des affaires de la communauté, de régulation des conflits, sa propre police… Et un système duquel tous les partis politiques sont bannis (y compris ceux de gauche), car tous savent que les partis promettent beaucoup mais ne donnent jamais, détournant toujours l’argent destiné à la communauté pour leur propre enrichissement personnel.

Depuis plusieurs années, certains pueblos sont même en sécession contre « los poderes ». ils rejettent la chaîne de corruption massive qui commence avec leur maire et sa police municipale, soutenu par le gouverneur Ulises Ruiz et sa police Estatal, et la complicité de l’Etat Central et sa police federal, mais aussi les juges, l’armée, etc… Comme l’indiquait le compagnon de la communauté de San Fernando, dans les pueblos, on a alors redécouvert que le nom de Magon n’était pas seulement celui d’une place de Oaxaca, mais surtout celui d’un lutteur révolutionnaire infatigable, qui avait su transcrire en mots les principes d’autonomie populaire qui font le ciment de la société oaxacanèque. Alors eux, les petits paysans, planteurs de café expropriés violement de leurs terres par los poderes au profit de grandes compagnies mexicaines ou internationales, se sont revendiqués de la figure locale de ce héros populaire.

Mais les maires chassés par les asembleas ont transformé leurs polices municipales en groupes armés, payés avec l’argent fourni par le gouverneur et l’Etat central qui -sans uniforme, en civil- font le coup de feu contre les habitants des pueblos en rébellion. Le soulèvement cet été des maestros -les professeurs des écoles- a donc été rejoint par ce mouvement populaire, principalement à base paysanne. Puis le mouvement s’est élargi à tout l’Etat, qui en entier s’est soulevé dans un mouvement unanime. (Nous reviendrons plus tard sur l’insurrection d’Oaxaca).

Comment pouvons nous aider ?

Les compagnons anarchistes mexicains développent une intense activité de propagande, dans des conditions économiques très difficiles et avec des moyens extrêmement réduits. Un de leur outil majeur de diffusion de nos idées est la réalisation de bibliothèques, pour certaines ambulantes, de façon à ce que les idées libertaires puissent être accessibles au plus grand nombre. Toutefois ces compagnons disposent de moyens très limités. Le nombre et la diversité des ouvrages est parfois réduit et ils n’ont pas les moyens de s’offrir tous les livres qui sont publiés continuellement en Europe. Alors que l’intérêt au Mexique pour l’anarchisme reconnaît une nouvelle vigueur aujourd’hui, il existe un moyen simple pour nous de leur apporter un soutien concret : organiser des collectes de livres et de brochures en langue espagnole sur l’anarchisme, l’anarcho-syndicalisme, et tout ce qui à trait à l’idéal libertaire. Le syndicat de la CNT AIT de Paris a établi depuis plus d’un an des liens avec différentes bibliothèques anarchistes à Mexico (Biblioteca Social Reconstuir, bibliothèque ambulante Hormiga libertaria / Herramienta libertaria). De plus, de nouveaux liens ont été établis avec la nouvelle bibliothèque Praxis Guerrero de Guadalajara et avec le projet de bibliothèque en Basse Californie. Nous pouvons aider ces compagnons dans leur effort. Merci de faire parvenir vos dons d’ouvrages au syndicat de Paris qui se chargera ensuite de les acheminer au Mexique.

 

SKAZAT

mars 16, 2007 Posted by | Non classé | 2 commentaires

Against exclusion, dualistic self-management

Of all the difficulties of our current company, the major problem is the exclusion of the « market » of employment. Would anarchistic self-management make it possible to reabsorb this plague completely? On the basis of the principle that the right of each one to consume is strictly conditioned to the duty of each one to take part in the collective production, this question should be logically settled. However the things are differently more complex. Because the obligation of activity for an individual in self-management cannot be fulfilled that if there is in parallel approval of the structure to accomodate it and to keep it durably. The only difference compared to the current system, it that the employer is in this case the totality of the workers of this structure, possibly is represented by delegates, instead of being only one person (undertaken) or a restricted group individuals (company) called the owner. Indeed, what would prevent the community of the workers of a structure brought together in general assembly to vote for X reason « against » the integration of un(e) certain(e) nouveau(elle) or for the exclusion of (e) as of theirs at a given time? The cost of non-existent work in the absence of money? Not, since this possibility of refusal of integration and exclusion also currently exists within the framework of the associative voluntary help.

An obligation thus being worth only by its reciprocity, it is naive to believe that this only change of social organization would be enough to put an end to the problem exclusion. Let us be realistic: in the current company, the self-management claim can only imperatively be accompanied by a fight for a radical change of mentalities among our fellow-citizens accepting very badly the difference and it except standard. Because if there is of course one or two completely legitimate reasons with the refusal of integration and the work of certain individuals, like in particular the constant idleness and the serious fault, there is another which I find with my completely unjust direction: he nonconformity of the person to the socially allowed standards. She gathers inter alia these some characteristics: look not à.la.mode of the moment or that affectionne the person although it badly carrying, practices of life or personal manners different from those of the others (visible in the public sphere), temperament independent of strong individuality not conceding anything of its opinions (but without carrying damage to the collective), and some very light physical handicaps (because not recognized like such by the mass).

Except with perhaps thinking that the self-management company would be completely made up of convinced anarchists (and still, I suppose that we do not gather either only perfect people) ? Then there, companions, we do not delude. Let us consider the results of the elections for a few years: they release from the majorities much closer to 50 % (and even below!) that of 90 % and not very stable over the duration: « a blow on the right, a blow on the left » became a quasi ritual practice. Then we do not make an illusion: if our fellow-citizens decide one day « to also test us » by joining us on alternative projects, t will be in these same proportions and with also the intention to assert at the end of a certain time a return to the old system if the experiment did not satisfy them. Thus let us leave rather on the idea that the self-management company at the beginning will comprise « a small majority of anarchists » and « a large minority of people of other convictions » and that it will be necessary for us well to make with their design of the things even if that will not be always obvious. But this fight for the change of mentalities, although essential, insofar as according to our principles it can take only one inciting and nonobligatory form, does not comprise of course either any guarantee of success.

I thus think that it is necessary for us to re-examine and amend our self-management project in the direction of a solution making impossible the exclusion of anyone. Yes it is possible if we agree to take with c?ur this question, to classify it among the priorities and I have of course something to propose. Until now when one speaks about self-management, one hears « federalistic » self-management, what supposes the presence from at least two or three people constituting the various structures of production. Federalistic self-management is thus necessarily a collective management. My proposal is to found an individual self-management in parallel, thus giving the people not having succeeded in nowhere being integrated the possibility of only settling : to establish the equivalent of the current statute of self-employed worker, to some extent. In the absence of money in this new company, the argument of the risk of accumulation of personal profit is inevitably obsolete. There remains of course that of the personal appropriation of the structure, will rétorquerez me you. How to prevent that with time the independent person does not feel finally owner of the manufacturing unit which it manages for the benefit of the only common good ? And to prevent it well, it is simply enough to establish principles put in?uvre each time necessary to the political level. One can agree very well, at the political level inter federal, of following measurements :
– the self-employed worker, recognizing the fact that it is alone in its structure « failing to have found people with whom to federate », must leave his door permanently open to whoever would like one day to join it to found a federal structure.
– as well as these last, it must entrust the management and the distribution of its stock to the organizations of consumers.
– It engages, except valid reason official statement with the consumers (disease, holidays etc…), with a regular physical presence in its structure (except if the nature of its activity requires displacements) and with the effective exercise of its activity.
– It should not in no case to use its own production at ends of personal use. In other words it will have to go to buy elsewhere than « at his place » the product which it manufactures itself (this is worth of course only for the activity carried on within « its structure of work », keeping of course a whole freedom of artisanal manufacture of all kinds for its own personal satisfaction « in its property with use of dwelling »).
– In the event of will to cease this activity, it will have to inform of them the delegates of the commune on which the structure is established so that they can as fast as possible make any decision as for becoming infrastructure remained vacant.
In the event of persistent refusal to respect its principles, the communal delegates could then, in full agreement with one of AG citizen, to decide to put an end to the activity of this person having made « abuse individualism ». Of this manner, I am persuaded that no self-employed worker could « chopper the mentality of owner of the manufacturing unit which it manages » and to fall down thus in through current of the accumulation of personal goods. And this individual self-management would thus constitute a way of help for the few individuals that nobody wants to make the effort support on the spot of activity, rather than to faultily let them « make the turn of the world » until finding a structure which accepts them! Because wouldn’t this be then a new form of arbitrary? Not having asked to come in the world, I leave personally the principle which they have the right to work and to consume like the others.

These two forms of self-management put in?uvre: federal self-management and independent individual self-management would thus form what I call « dualistic self-management » (this name holding of course only with me).

I subject this idea to the reflexion of all the anarchists, electrons free and members of organizations.

SKAZAT

mars 8, 2007 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Ce 3 mars, journée internationale de solidarité avec la maison des jeunes de Copenhague !

Le squat de Copenhague, « Ungdomshuset » a été depuis 1982 un important centre social, politique et culturel au Danemark. Sa longue bataille pour son existence s’est conclue par une violente expulsion ce premier mars au matin.
Le squat « Ungdomshuset », (la maison des jeunes), est le résultat d’une longue lutte des mouvement autonomes et squatteurs dans les années 70 et 80. L’état danois concède alors une grande maison de 4 étages en 1982 au mouvement, qui abritera dès lors un grand nombre d’activités culturelles, politiques et sociales alternatives, un des seuls lieux du genre dans toute la région. En 1999, l’administration locale oublie son compromis et revend l’« Ungdomshuset » au plus offrant. Ce sera une secte chrétienne fondamentaliste, « Faderhuset », qui achètera la maison en 2001. Dès 2003, la secte commence les démarches juridiques pour obtenir l’expulsion de la maison des jeunes de Copenhague. Face à la montée des violences policières et des tentatives d’expulsion, les occupant de l’« Ungdomshuset » décident de fortifier le squat et de se préparer à des attaques viiolentes. Ils recevront le soutient de nombreux militants de toute l’Europe.
Le 29 février au matin, la Police anti-émeute danoise n’y a pas été de main morte pour vider la maison des jeunes de Copenhague. L’opération avait été planifiée de longue date : l’hélicoptère des forces de l’ordre atterrit sur le toit, débarque des policiers, pendant que l’immeuble se fait enfumer de gaz lacrymogènes. Tout le quartier étant bouclé au moment de l’opération et les habitants interdits de sortie, il est difficile de documenter l’opération et les violences policières.
Cependant, le voisinage direct du squat reste choqué de la violence de l’opération.
Dans les rues de Copenhague, plus d’un millier de personnes étaient présentes pour protester la nuit qui a suivi la liquidation du centre social pour réclamer un endroit pour loger à nouveau ses occupants. Mais c’est aussi dans plusieurs pays d’Europe que s’est effectuée une mobilisation de soutient aux protestataires danois. Des manifestations ont eu lieu dans divers pays tels que l’Allemagne, l’Autriche, la Scandinavie et la Russie.
Et la lutte continue. Cette nuit encore des barricades ont été dressées à Copenhague. Ce 3 mars a été déclaré journée internationale d’action de soutient au centre social. Un grand nombre d’activistes sont d’ailleurs attendus dans la capitale danoise pour se joindre aux protestations. Si les revendications des manifestants ne sont pas entendues, les barricades risquent certainement de rester dressées plusieurs jours encore.
Fin de l’année 2006 à Bruxelles, c’est la secte de scientologie qui faisait ignoblement expulser les occupant du 103 Boulevard de Waterloo, aujourd’hui, les chrétiens fondamentalistes font expulser dans la violence un centre social reconnu depuis de nombreuses années. Les sectes reçoivent le soutient des états, qui appliquent la terreur sociale. Soutenons la lutte des militants Danois, qui sans dieu ni maître luttent pour la liberté.

SKAZAT

mars 3, 2007 Posted by | Non classé | 2 commentaires