Les espérances planétariennes

Mais que font les organisations anarchistes et le mouvement libertaire ?

Si Sarkozy a bien compris le danger que représentent les anarchistes pour le pouvoir, il semble bien que les organisations qui relèvent de ce courant n’ont pas encore pris la mesure des enjeux de la situation actuelle. En effet que constate-t-on ? Ces organisations continuent a fonctionner comme si la situation sociale n’avait pas changée : elles font des communiqués, séparément, avec une petite phrase en plus, avec un petit truc qui va les distinguer des autres, elles sortent des tracts et c’est à peu près tout.
Alors que les organisations réformistes du Parti radical de gauche à la LCR ont compris qu’il fallait s’unir pour tenter de donner une réponse politique à la crise sociale, les anars et libertaires continuent leur train-train habituel. Or le mouvement social a besoin de réponse politiques, d’une alternative : ce ne sont pas les réformistes qui peuvent leur donner car à part « voter pour nous, on rasera gratis » ils n’ont rien à dire.
Mais les anarchistes et libertaires que disent-ils ? Rien qui corresponde à la situation réelle. Ils se contentent de ressortir la sempiternelle « grève générale » et c’est tout. En fait il n’y a pas besoin de se creuser beaucoup car le mot d’ordre de « la grève générale » sert à toutes les occasions à tel point qu’il n’est plus l’apanage des anarchistes mais également de FO qui en fait un mot d’ordre incantatoire.
Or à quoi sert de crier « grève générale » quand l’écrasante majorité des salariés est encore incapable de faire une journée de grève? Car il ne faut pas se leurrer sur l’état de conscientisation de la masse, si elle ne suit pas massivment les mots d’ordre de grève interprofessionnelle ce n’est pas parce que les syndicats ne proposent pas le grève générale mais uniquement pour ne pas perdre une journée de salaire.
Nous anarchistes ne nous faisons pas d’illusion sur l’état de conscience de la masse des salariés : leur cerveau est lobotmisé par la télé, ils vivent dans un état de passivité crasse qui fait qu’ils n’ont même pas idée qu’ils pourraient être les acteurs de leur vie. Au mieux la masse délègue la lutte à ceux qui font grève et manifestent et soutient le mouvement à travers les sondages : c’est la lutte par procuration mais concrêtement ils ne font rien. La grève générale est aujourd’hui inadaptée à la situation actuelle. Ce qui ne veut pas dire bien qu’elle le sera dans 8 jours ou dans un mois, nous n’en savons rien mais les anarchistes doivent être pragmatiques pour comprendre le monde réel et ne pas lancer des formules incantatoires ou magiques, comme si le fait de les dire allait modifier le réel.
Le mouvement étudiant comprend bien d’ailleurs la situation du monde réel et ne se leurre pas sur les capacités des salariés à lancer une grève générale. La discussion chez les étudiants et lycéens est à l’heure actuelle : comment bloquer la machine économique en trouvant d’autres formes d’actions. Car compter sur un mouvement spontané de grève générale comme le font la plupart des anarchistes est un leurre qui risque de tuer le mouvement.
Les réformistes s’organisent pour conduire le mouvement anti CPE dans une impasse, les anars et libertaires organisés ne proposent rien de concrêt, sinon les habituelles incantations. Alors que du mouvement étudiant commence à émerger une réponse et une direction politique ( voir les appels émanant de Rennes, l’appel de Raspail ) qui pourrait tout à fait constituer une amorce d’alternative anarchiste, les organsations anarchistes restent chacune dans leur coin et ressassent leur vielles idées sans prises sur le réel ( ce qui ne veut pas dire que les militants anarchistes ne s’investissent pas dans le mouvement qu’ils soient organisés ou non ).
Plusieurs questions se posent donc avec urgence :
· A quand des réunions unitaires des anarchistes et libertaires pour proposer des réponses politiques face aux réformistes ?
· Quand les médias dont diposent ces organisations vont-elles se mettre au service du mouvement social et donner des contre-informations aux médias dominants : Pourquoi Radio libertaire ne devient-elle pas une libre antenne et de débat du mouvement social, y consacrant l’essentiel de ces programmes ? Quand les sites internet régionaux des différentes organisations vont-ils donner des informations plus rapidement qu’une fois par mois ou par an ?
· Quand des rencontres vont-elles avoir lieu avec les étudiants les plus radicalisés pour définir des perspectives d’action ?
Une chose que les organisations n’ont pas encore compris, c’est que lorsque qu’une crise sociale se présente, le temps n’est plus le même et que si l’on est pas capable de réagir avec cette accélération du temps, on se condamne à l’impuissance. Bien sur on pourra toujours dire, c’est la faute des réformistes. C’est la solution de facilité que l’on emploit souvent.
Espérons un réveil salutaire.

SKAZAT

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février 19, 2007 - Posted by | Non classé

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